Avertissement!

Avertissement!
Ce blog est une fanfiction yaoi ( tapant dans le fantastique ) basée sur le groupe Cinema Bizarre, particulièrement sur le couple Strify/Kiro.

*

Sachant que:

*Comme la logique le laisse supposer, une fanfiction est une histoire inventée par un(e) fan.

*yaoi désigne une relation amoureuse entre deux hommes.

*Et qu'il y aura des lemons - des scènes à caractères sexuels.

Soit tu restes, soit tu repars %)

*

Les com's de pub ne sont acceptés que si la réciproque s'applique. Si tu veux que je vienne te lire, commence par faire pareil.

*

Je suis l'auteur de Moon-yaoi-CB, x-Vis-pour-nous-x et oO-Twincest-483-Oo ( Trois fanfics yaoi )

Et Mes-demons-sur-papier., o0-Dream-again-0o et x-Diary-of-the-girl-x ( Trois blogs persos )

Et aussi

Nuit de songes, A coeur ouvert ( Deux O.S. Yaoi. Inceste. Lemon. )

Ainsi que Petit frère ( Une fanfic. Normal. Angst. )

- Toutes trois basées sur la série Numb3rs $) -

Sans oublier Nuit de fièvre ( Une O.S. Yaoi. Inceste. Léger spoiler. Lemon ) et Désir fraternel ( Série d'O.S. Yaoi. Inceste. Lemon )

- Basée sur la série Supernatural $) -

Et Parce qu'il n'y a rien à espérer ( Une Death O.S. Inceste. )

- Basée sur le groupe Tokio Hotel $) -

Que vous trouverez sur mon autre profil, sous le pseudo de Cass Shelly

*

Ghost est inspirée de la série Ghost Whisperer :D

# Posté le samedi 09 août 2008 20:38

Modifié le jeudi 17 septembre 2009 14:52

im-just-a-kidyaoi

im-just-a-kidyaoi
Fanfic twincest sur TH de ma marmotte de 'tite soeur.

-Fanfic:

I'm just a kid ... and life is a nightmare ( Je ne suis qu'un enfant ... et la vie est un cauchemar )

"Quand un adolescent a mal, que son existence est brisée au même titre que son innocence, quand chaque jour de plus sur cette terre est pour lui un véritable supplice!! Comment retrouver la joie de vivre? Peut-être grâce à l'amour?!? Se peut-il qu'un être aussi brisé retrouve son sourire ?"

-O.S:

Il aurait pu me sauver.


L'un n'empêchant pas l'autre, allez jeter un petit coup d'oeil si le coeur vous en dit :D!

# Posté le jeudi 28 août 2008 12:30

Modifié le mardi 28 avril 2009 13:16

Prologue

Prologue
( P.O.V de Strify )


La salle pleine à craquer est plongée dans la pénombre. Le concert va commencer et l'adrénaline coule à flots dans nos veines. En tant que batteur, Shin est le premier à monter sur scène dans la lumière d'un projecteur qui vient de s'allumer.
La foule hurle.
Elle nous appelle.
Et nous y répondons.

[...]

Ce soir a été un de nos plus beaux concerts, un pur moment de bonheur partagé avec des fans venus écouter nos textes, notre musique et nous applaudir. Il y a maintenant quatre mois que notre album "Final Attraction" est sorti dans les bacs et son succès a encourager notre tournée.
Cinema Bizarre est désormais sur beaucoup de lèvres.

Je m'appelle Strify, j'en suis le chanteur et bien que je ne le saches pas encore, ma vie va changer d'une manière que je n'aurai jamais pu imaginer.

# Posté le samedi 09 août 2008 20:47

Modifié le lundi 06 avril 2009 01:45

Chapire premier: Partir sans le vouloir...

Chapire premier: Partir sans le vouloir...
"Quoi qu'est-ce qu'elles ont mes pâtes?
_Ben elles sont pas cuites!
_Alors la prochaine fois c'est toi qui fera la cuisine!"


Trifouillant mon assiette du bout de ma fourchette, je me retiens d'éclater de rire devant la prise de tête puérile de Yu et Shin. Aujourd'hui étant un jour off, Luminor est parti rejoindre son nouveau chéri actuel tandis que nous avons préférer restés glander à l'appart que nous partageons. Et quand nos estomacs ont commencé à crier famine, Yu s'est proposé aux fourneaux.

Manque de bol, il s'est vraiment loupé pour faire de simples pâtes et à la première bouchée, Shin a fait une tête qui voulait tout dire.

"La dernière fois t'as recraché ta part de gâteau! Réplique celui-ci, bien décidé à ne pas lâcher le morceau.
_Forcément il était à l'anis!" Reprend le brun.

Comme vous devez l'avoir compris, ce dernier n'aime pas qu'on critique sa cuisine même si elle se révèle souvent étouffe chrétienne. Je croise le regard bleu clair de Kiro qui rigole lui aussi dans sa barbe et me prend à aimer son sourire. Après tout, c'est vrai qu'il est mignon avec sa bouille d'ange....

"De toute façon t'es jamais content! Conclue notre batteur, coupant net le fil de mes pensées. Et t'aimes jamais rien!!"

Et avant de lui laisser le temps de balancer quoi que ce soit, il se lève pour se diriger d'un pas décidé vers la porte d'entrée.

"Où tu vas? Demande Kiro en parlant pour nous trois.
_Manger un truc mangeable dehors!"

Il se retourne sur le pas de la porte.

"Vous venez?"

On se lève mais Yu continue d'avoir l'air renfrogné.

"Tu sais le nouveau magasin de mangas où il y a souvent des éditions limitées et des promos interessantes, dont je t'ai parlé l'autre jour? Je lui demande l'air de rien.
_Hum?
_Il a ouvert ses portes hier."


L'effet recherché ne se fait pas attendre plus longtemps quand il rattrape le cadet du groupe, plus fâché pour deux sous.
Je savais que ça marcherais.

[...]

Une heure et des poussières plus tard, le ventre plein de bonnes choses, j'attends avec Shin devant la boutique que les deux autres finissent leurs achats et comblent ainsi leur manque de littérature.

"Tu sais, je confie. J'ai vraiment cru qu'à un moment donné vous alliez vous balancer vos assiettes au visage."

Mon ami esquisse un sourire en replaçant une mèche blonde derrière son oreille.

"Moi aussi. Mais après t'a su le faire sourire.
_Tu sais aussi bien que....."


La fin de ma phrase est stoppée net par un claquement sourd tellement soudain et brutal que j'en sursaute.

"STRIFY!!!!!"

C'est à ce moment là que mon cerveau l'a enregistrée. Quand Shin a hurlé, je l'ai senti résonner dans chaque cellules de mon être.
La douleur.
Vive, cuisante, réelle.
Aussi réel que le monde qui se met à tourner au ralenti. Comme si je ne comprenais plus rien. Ou si justement, mais d'une autre manière. C'est sans doute pour ça que je prend le temps de baisser la tête tout en portant une main à mon ventre déchiré. Que je regarde ma main tâchée de sang comme si ce n'était pas le mien.
Quelque chose cloche. Tout va trop lentement. Ou trop vite.

"Strify restes avec nous!! Putain nous fais pas ça!!!"

Je suis par terre. Non calé dans les bras de Kiro je crois. Il me tiens la main. Comment suis-je arrivé là alors qu'il y a une seconde, je me tenais encore debout?

"Strify tu m'entends? Restes là!!"

C'est Yu. Il a les deux mains fermement posées sur ma blessure. Il pleure. Moi aussi. Je sais pas. Je sais plus. J'entends des sirènes. La douleur disparaît peu à peu à mesure qu'elles semblent se rapprocher.
Ou alors c'est moi.

............................................................................................................................................................................................................

"Il a prit une balle!
_Au bloc vite!
_Il a perdu beaucoup de sang!"


Les voix s'agitent. Elles sont nerveuses. Me donnent la nausée.

"A trois! Un, deux, trois!"

Mon corps est soulevé et aussitôt reposé sur une surface neutre. Les voix reprennent de plus belle mais je n'arrive plus à les entendre.

"Arrêt cardiaque!! Amenez le défibrilateur!!!"

Des pulsions éléctriques explosent alors à l'interieur de moi mais je ne sens déjà plus rien.

............................................................................................................................................................................................................

"Heure du décès: 15h03."

Si je pouvais pleurer, je le ferais. Je pleureurais ma vie foutue en l'air à cause d'une putain de balle perdue. Quand mon coeur a cessé de battre, j'ai été comme expulsé de mon enveloppe charnelle. Et sans savoir comment, je me suis retrouvé aux côtés des blouses blanches qui se battaient pour moi. J'ai vu mon torse dénudé à la peau rendue trop blanche par les lumières crues des néons. La plaie semblait béante quand j'ai posé mon regard dessus.

Ils ont essayé d'arrêter l'hémorragie, de recoudre les tissus abîmés mais mon coeur n'a rien voulu entendre. Les chocs éléctriques qui ont tentés de me réccupérer, de faire repartir même une infime pulsation de vie, n'ont servi à rien.
A vrai dire, dès la première secousse, j'étais déjà parti.

Et maintenant je comptemple ce corps qu'on recouvre d'un drap blanc. Ce corps qui a été le mien.

"Ca fait toujours ça la première fois."

Je me retourne vers l'origine de cette voix inconnue et me retrouve face à face avec une adolescente. Uniquement vêtue d'un short en lin blanc et d'un Marcel noir moulant, elle possède de longs cheveux bruns nimbés de mèches rouges. Une petite taille menue mais musclée et des yeux verts bordés de longs cils qui me regardent d'une façon que je ne peux pas déchiffrer.

"Je t'ai déjà vu quelque part non? Je m'enquiers en la dévisageant malgré moi.
_Olena Connors te dit quelque chose?"

La lumière se fait d'un coup dans mon esprit. Il y a eut un article dans le journal qui lui a été consacré.

"Tu es morte en sautant d'un toit le jour de mes dix-neuf ans.
_C'était aussi le jour de mes quinze ans."


Elle s'approche de moi et glisse sa main dans l'une des miennes, entrelaçant nos doigts.

"Ta haine va disparaître Strify. Dans pas longtemps, tu ne ressentiras plus rien."

J'ouvre la bouche pour ajouter quelque chose quand des cris et des sanglots se font entendre.

"Pour tes amis par contre, ajoute-t-elle. La cicatrisation sera plus longue."

Cette fois je préfère de rien dire. Tout a été tellement vite. Tout à l'heure encore, je m'amusais de voir Yu et Shin se disputer pour des pâtes inbouffables et maintenant...

"Laissez moi!!! Je veux le voir!!!!"

Kiro.
Il rentre en larmes dans la pièce et se jette sur mon corps inerte.

"Putain Strify qu'est qu'on va devenir sans toi? Murmure-t-il en retirant le drap qui recouvre mon visage qui semble endormi. Qu'est-ce que je vais devenir sans toi?"

Je repense au regard qu'on a échangé, à la pensée que j'ai eus à son égard. Serais-ce possible que notre attirance réciproque cachait autre chose? Et répondant à ma question tout en étant l'amant que je n'ai jamais eu, Kiro caresse alors une joue du bout des doigts et dépose ses lèvres sur les miennes.

"Viens."

Olena m'entraine vers la sortie sans que j'ajoute un mot. Elle a compris et c'est ce qui compte désormais. Enfin je crois.
Puis sans crier gare, la brune se stoppe net au niveau de la porte à deux battants du bloc.

"Quoi?"

Pour toute réponse, elle se retourne vers moi, un sourire au coin des lèvres.

"Ne fais pas les mêmes conneries."

Je fronce les sourcils, mais me rends vite compte que je ne peux plus parler et que je ne sais quoi m'empêche de bouger. Non en fait c'est la sensation de sentir justement. Comme si je reprenais possession de mon corps.
Comme si je revivais?

Olena lâche ma main et tout change. En une fraction de seconde, je reprend ma place physique en ce monde avec cette impession bizarre de tomber sans jamais pouvoir s'arrêter.
Et c'est quand l'air rentre presque de force dans mes poumons que je sais que je suis revenu.
De loin. Mais là quand même.

# Posté le dimanche 10 août 2008 07:36

Modifié le samedi 09 mai 2009 14:29

Chapitre Deux: Différent mais bien là... Avec toi.

Chapitre Deux: Différent mais bien là... Avec toi.
Emergeant doucement comme si tout ça n'avait été qu'un simple sommeil sans rêves, j'ouvre les yeux et constate que les stores baissés de la fenêtre tamisent parfaitement ma chambre d'hôpital. Prenant alors conscience de la main de Kiro dans la mienne, mon regard se pose sur son corps endormi à moitié affalé sur le lit et esquisse un sourire. Levant ensuite la tête, je tombe sur un tableau inattendu et... touchant.

Lui aussi assoupi, Yu est vautré dans le seul fauteuil de la chambre avec un bras autour de la taille de Shin calé sur ses genoux. Les jambes reppliées contre le torse du guitariste, il a enfoui sa tête dans son cou et dort également à point fermés.

"Re beau gosse." Souffle alors une voix douce et maintenant familière.

Tournant la tête vers la porte d'entrée où elle y est adossée, je souris à Olena qui joue avec une mèche rouge de sa longue chevelure.

"Comment je peux te voir si je ne suis pas mort?" Je m'enquiers en baissant la voix.

En un battement de cils, la jeune fille se retrouve en tailleur sur le lit. Si elle avait été vivante, j'aurais senti son poids sur mes jambes.

"Revenir d'entre les morts est lourd de conséquences Strify. Tu vas devoir faire avec."

Une pensée me vient soudain en tête. Sûrement stupide mais tant pis.

"C'est toi qui a baissé les stores?
_Oui,
acquiesce-t-elle. Se réveiller avec le soleil dans la tronche, c'est pas toujours marrant.
_Mais comment tu as fais?"


Me lançant un sourire tout ce qu'il y a de plus enfantin, Olena tourne son joli minois de côté à la manière d'un chaton avant de répondre:

"Je n'ai plus de haine, plus de colère, plus rien."

Elle lève les mains en l'air et claque des doigts.

"Envolés!"

Se déplaçant une nouvelle fois pour être calée contre mon flanc et reposer sa tête sur mon épaule, elle tend un bras pour poser sa main sur le crâne de Kiro. Le bout de ses doigts fins glissent sur ses mèches décolorées.

"Regardes." Ordonne-t-elle.

Sans pouvoir physiquement toucher ses cheveux, elle arrive tout de même à relever l'équivalent d'une poignée.

"Je comprends toujours pas...
_Ok."


Installée maintenant à califourchon sur mon ventre, la brune fait mine de réfléchir quelques secondes avant de lever son index en l'air.

"Quand tu es vivant, commence-t-elle, de nouveau sérieuse. C'est tes envies qui comandent ton cerveau, qui fait de fait même pour les nerfs, pour qu'ils conduisent ton corps à faire ce que tu attends de lui, non?
_Oui,
je confirme en me redressant sans que ça ne la gêne le moins du monde.
_Mais quand t'es mort, plus rien ne fonctionnne?
_C'est la logique de Monsieur De La Palisse ma grande,
je répond, un rien blasé.
_Arrêtes avec tes sarcasmes à la mord-moi-le-doigt tu veux? Soupire Olena. Bon.... Et moi dans mon cas, je suis un fantôme. Et techniquement les fantômes...
_Ne sont pas censés toucher quoi que se soit,
je termine.
_Exactement."

Elle regarde Kiro et fait mine de lui caresser la tête d'un geste tendre.

"Je ne peux plus toucher au sens propre du terme parce que physiquement, je ne suis plus là, souffle-t-elle. Alors quand j'ai envie ou besoin de le faire, j'utilise l'énergie qu'il y a tout autour de nous.
_L'énergie?
_Je ne sais pas comment l'appeler autrement,
m'avoue la brune en haussant les épaules. C'est puissant et tout ce qui existe d'une manière ou d'une autre la dégage.
_Et c'est avec cette... Energie que tu touches ou bouges ce que tu veux?
_Humhum,
acquiesce-t-elle sans une once de malice dans la voix. Toi aussi tu en es cappable."

Cette fois, je me redresse position assise, dégageant ma main des doigts de Kiro qui soupire doucement sans pour autant se réveiller. Idem pour les deux autres marmottes enlacées. Involontairement je leur est foutu la trouille de leur vie, donc c'est mieux qu'ils dorment paisiblement et ne se doutent pas de ce qui se passent autour d'eux.

"Et pourquoi j'en serais cappable? Je demande, soudain septique.
_Parce que tu peux me voir banane! Réplique l'adolescente en levant les yeux au ciel. Tout est une question de concentration!"

Je suis sur le point de répliquer à mon tour quand un mouvement dans le lit m'informe qu'un certain petit androgyne va se réveilller.

"A bientôt.... Sourit alors Olena avant de traverser le mur d'en face comme si ce n'avait été qu'une motte de beurre tendre.
_Srify?"

Sa voix ensommeillée me fait temporairement oublier la jeune brune.

"Salut toi, je souffle en reprenant sa main.
_Putain Strify...."

Il s'interrompt et se jette à mon cou, éclatant en sanglots. Sentant sa peine et sa peur aussi fort que si ça avait été les miennes, je noue mes bras autour de son corps fin pour le bercer.

"Je suis là Kiro, je chuchote doucement. Je suis là, ça va aller."

Il n'ajoute rien, se calmant à mesure que ses sanglots s'apaisent petit à petit. Je desserre mon étreinte et le pousse doucement pour le regarder. Son maquillage a coulé, ses yeux sont rouges et gonflés par la fatigue et les pleurs, ses vêtements froissés et sûrement tâchés de mon sang et pourtant....

"Tu n'as jamais été aussi beau que maintenant." Je termine ma pensée à voix haute en prenant son visage d'ange entre mes mains.

Ses yeux se mettent à briller et je sais qu'une partie de la joie sans nom qui s'empare de moi est la sienne. Je viens de comprendre les paroles d'Olena.
Je suis revenu différent à bien des égards.

Mais là, tout de suite, tout ça m'importe peu. Ce qui compte, c'est les lèvres douces de Kiro que je scelle aux miennes. C'est ce sentiment de bien-être qui fait battre mon coeur à une allure folle et me donne la preuve d'être de nouveau vivant. C'est les bras de celui que j'aime qui entourent mon cou et sa langue qui demande plus de profondeur - ce que je lui accorde dans un soupir.
Pour moi il n'y a que ça qui compte.

# Posté le dimanche 10 août 2008 17:53

Modifié le mardi 03 mars 2009 13:05

Chapitre trois: Secret dévoilé

Chapitre trois: Secret dévoilé
"Je le savais! S'exclame Yu sans prévenir. J'en étais sûr que vous vous tourniez autour!"

Surpris, Kiro sursaute dans mes bras et je ne peux m'empêcher de rire contre ses lèvres. Il me suit deux secondes plus tard et se retourne vers le perturbateur.

"Depuis quand t'es réveillé toi?
_A peine deux minutes."


Il baisse ensuite les yeux sur Shin qui n'a pas l'air de trop s'en faire.

"Shin? L'appelle-t-il en le secouant doucement par l'épaule. Shin debout.
_Hummmmmm.....................
_Y'a pas de "Hummmmm.................." qui tiens, tu lèves tes fesses.
_Mais..... Je suis..... Bien........."


Yu lève les yeux au ciel en soupirant, plus que blasé. Mon bassiste éclate alors de son rire cristallin, semblant penser la même chose que moi.
On ne les changera jamais ces deux-là...

"Bon Shin, s'impatiente le brun. J'ai mal aux jambes, alors soit tu bouges, soit tu finis le cul par terre dans trente secondes."

Le pire c'est qu'il serait capable de se lever sans le rattraper. Quand Yu décide d'avoir quelque chose, il fait tout pour l'obtenir. Comme la fois où il m'a couru après dans tout l'appart - et j'ai bien dit tout - pour un malheureux cake au chocolat.
Ca aurait été un autre parfum ou il aurait eut un p'tit frère, je lui aurai laissé. Seulement pour le chocolat, je suis aussi affamé que lui.

Mais au final, aucun de nous deux n'a pu y goûter vu que j'ai atterris dessus quand après s'être prit les pieds dans le tapis du salon, l'autre abruti s'est servi de moi pour amortir sa chute.
Je me rappelle encore les rires de Luminor et Kiro qui se tenaient près de l'encadrement de la porte d'entrée, tellement pliés en deux, que je me suis demandé si ils n'allaient pas s'étouffer.

"Ok, capitule Shin qui n'est pas d'humeur à tenter le diable. Ok... T'as gagné...."

Encore endormi, il se détache de Yu avant de se lever lentement en frottant ses yeux avec ses poings fermés. Il m'a toujours fait pensé à un chat avec ce genre de gestes. Même sa façon de se déplacer est féline.
Le guitariste se lève à son tour, et se dirige directement vers moi pour me prendre dans ses bras.

"Si tu savais la trouille que tu nous a mis..."

Kiro qui lui a fait de la place, appuie ses dires d'un hochement de tête.

"Je sais, j'affirme quand il relâche son étreinte.
_Au fait Strify! Lance le cadet du groupe en pointant son index sur moi. Je t'interdis de me refaire un coup comme celui-là!"

Une personne extérieure aurait sans doute mal prit ses paroles, pensant qu'il est égoïste de me dire ou même d'insinuer le fait que je l'ai fais exprès. Mais cette personne se planterait. Shin n'est pas égoïste. Il m'a vu prendre une balle et me vider de mon sang tandis qu'il priait pour que les secours qu'il venait d'appeler se dépêchent d'arriver.

C'est mon ami, il a eut peur pour moi et c'est sa façon à lui d'évacuer tout le stress que lui a procuré
différentes émotions trop fortes.

"Ok, je promet. Pas de soucis.
_Bon,
intervient Yu. Moi je vais prévenir Luminor que t'es réveillé!"

Et sans un mot de plus, il sort de la chambre.

"Il a aussi besoin de prendre l'air, souffle le plus jeune de la pièce, semblant lire dans nos pensées.
_Au fait Shin, je commence. Kiro est moi...
_Sommes ensembles."
Termine l'intéressé en me lançant un sourire.

Sur le coup, Shin ne dit rien, nous regardant à tour de rôle, comme intrigué.

"Ouais, affirme-il au bout d'une minute. C'est vrai que vous faites un beau couple."

Et semblant se rappeler quelque chose alors qu'un immense sourire se dessinent sur nos lèvres, il se dirige vers la porte d'entrée.

"Je vais chercher un medecin! Nous informe-t-il en tournant la poignée. Soyez sages!"

La porte se referme et j'invite Kiro à s'asseoir contre moi. Il grimpe sur le lit en souriant et se cale dans mes bras.

"C'est quand même dingue de se dire qu'il a fallut que tu meurs pour que je me rende compte que j'étais plus qu'attiré par toi.
_Ouais...,
je souffle, jouant avec les longues mèches brunes qu'il s'est fait rajouter. Je suis mort combien de temps?
_Un minute quinze."


Un truc m'interpelle mais pour l'instant, je me concentre sur le présent. Sa tête se blottit dans mon cou.

"J'étais contre toi, confie-t-il. Quand ton coeur est reparti, j'avais ma tête sur ta poitrine. C'est là que j'ai entendu les battements.
_Je suis là maintenant."


Différent mais bien là.

"Mais dis-moi, je reprend. Tu sais ce qui a tout déclenché?
_Mauvais endroit, mauvais moment,
répond Kiro. Il y avait deux types assis à la terrasse du bar qui est devant le magasin... Tu vois lequel?
_Oui.
_Ben à moment donné, sans prévenir, l'un des deux a sorti un flingue et tiré au hasard."


Et il a fallut que je me trouve dans la trajectoire d'une de ces balles.

"Deux filles ont aussi été touchées, continue mon androgyne dont le souffle chaud commence à me faire frissonner. Comme toi, elles ont été amenées ici. Shin a rencontré le frère de la plus jeune en allant nous chercher des cafés.
_Et le tireur?
_En garde à vue."


Des coups soudain frappés à la porte incitent Kiro à s'écarter comme si je l'avais brûlé au même moment qu'une infirmière pénètre dans la pièce. Une belle trentaine, des cheveux bruns nattés dans le dos et un visage avenant.
Elle s'avance vers moi, un sourire sincère aux lèvres.

"Voyons voir comment se porte notre miraculé."

[...]

Une heure plus tard - vers vingt heures je crois - je suis à l'accueil, signant la décharge qui me permettra de partir, une ordonnance pour des anti-douleurs dans la poche de mon jean. Seule ma chemise trouée et imbibée de sang a été balancée à la poubelle. Le tee-shirt que je porte est un des miens que Luminor a pensé à me ramener - en faisant un détour par l'appart - quand il nous a rejoint.

Pour Kiro et moi, sa seule réaction a été un immense sourire. Juste avant de passer un bras sur mes épaules et de soupirer:

"Je peux vraiment pas vous laisser une journée tous seuls...."

C'est parce que je le connais que j'ai compris le sens de sa phrase.
Saluant la réceptionniste d'un sourire poli, je rejoins ensuite mes amis qui patientent dans la salle d'attente du hall.

"On va manger? Je demande en pénétrant dans la pièce. Je sais pas vous mais j'ai une de ces dalles."

Yu fait mine de réfléchir quand on se rend vers la sortie et que tout le monde a acquiescer.

"Si on disait pizzas, frites et bières à volonté devant de DVD de 28 jours plus tard ?
_Ca marche."
Conclue Kiro pour le groupe.

[...]

Soulevant ses rajouts pour dégager sa nuque, j'y applique un doux baiser tandis qu'il ouvre la première boîte des quatre pizzas qu'on a commandées. Luminor et Shin disposent les boissons et les frites sur la table basse du salon alors que Yu met en route le DVD.

Quand tout à l'heure, jai voulu sortir les bières du frigo, je me suis fais purement et simplement engueulé avant d'être envoyé au canapé. Et essayez donc de protester face à trois têtes de noeuds qui vous prennent pour un morceau de sucre.
Enfin... Avant avec mon caractère de merde, je serais sorti de la pièce en claquant une porte. Mais j'ai senti leur inquiétude et leur envie de s'occuper un peu de moi simplement parce qu'ils ont failli me perdre d'une manière définitive.

Alors j'ai posé mon cul sur le faux cuir, boudant pour la forme quand une sensation étrange m'a prit de plein fouet au moment où Kiro est redescendu de sa douche. Sur le coup, j'ai pas percuté que ça venait de lui. Il était normal, tout propre. A l'aise dans un bas de pyjama noir et un vieux tee-shirt à manches longues, les cheveux encore humides et libres de se balader sur son corps fin.
Pour un peu, je l'aurai presque bouffé.
Pourtant quelque chose clochait. Alors mine de rien, je me suis approché de lui et cherche maintenant un moyen de l'amener à se confier.

"Tu sens bon, je murmure dans son cou. La prochaine fois, tu me laisseras t'accompagner?"

Il frissonne mais continue sa tâche.

"Ca dépend, répond mon ange d'une voix douce.
_De quoi?"

Kiro tourne la tête vers moi pour ceuillir un baiser.

"De toi."

Je souris d'une manière qui en dit long, passant lentement ma langue sur mes lèvres avant de mordiller les siennes. C'est à ce moment que je la sens. Entre l'envie, la joie et le désir, il y a la peur.
La peur du coupable et celle de décevoir.

"Bon les amoureux! Lance la voix de Yu qui me tire de mes pensées. Amenez les pizzas, vous vous bécoterez plus tard!"

Kiro lui tire la langue avant de prendre les boîtes.

"Tu viens?
_Oui...."


[...]

A la scène où le père se fait tirer dessus devant sa fille, Olena apparaît sur l'accoudoir du fauteuil où est installé Shin.

"Il faut que je te parle."

La seconde d'après, sa bouche est à mon oreille.

"Dans la chambre de Kiro."

Quelque chose me dit qu'elle va éclairer ma lanterne. Je pousse doucement mon ange qui squatte mes genoux depuis le début de la soirée.

"Je reviens." Je souffle quand il se lève pour me laisser partir.

Un sourire en guise de réponse et le revoilà dans le film. Tant mieux. Et sans attendre plus longtemps, je fonce aux escaliers que je grimpe quatre à quatre. La chambre de Kiro est la première pièce quand on arrive en haut. Je tourne la poignée et pénètre à l'intérieur, appréciant la clarté de la pièce.

"Je t'écoute, je dis à la brune que je sens dans mon dos. Si tu m'as amené ici, c'est qu'il y a une raison, non?
_Regarde sous le lit."


Je m'exécute. A quatre pattes, le buste penché en avant, je tâtonne sous le meuble avant de sentir...
Une boîte en carton?
L'agrippant, je la ramènes vers moi.
Une boîte à chaussures... Serais-ce possible que....

"C'est ce que je pense?"

Olena est accroupie en face de moi.

"N'oublie pas Strify...."

Je croise son regard émeraude.

"Quoi?"

Elle regarde par dessus mon épaule avant d'avancer son joli minois.

"Plus de conneries."

L'adolescente disparaît et je me relève en ouvrant la boîte quand il s'approche de moi. A l'intérieur, des flacons à moitié remplis, deux seringues, des sachets de poudre blanche et certains de pilules. Il ne dit rien, ne ressent plus rien. Je me retourne pour lui faire face sans pour autant lâcher son secret et doucement, sans brusquerie, je lui pose la seule question qui tourne en boucle dans ma tête:

"Ca fait combien de temps Kiro? "

# Posté le lundi 11 août 2008 14:56

Modifié le mardi 04 août 2009 13:29

Chapitre quatre: Confidences

Chapitre quatre: Confidences
Une question. Unique et simple. Pourtant il hésite à y répondre, baissant les yeux sur ce que contient son meilleur vice. Je repense à ce qui m'a mit la puce à l'oreille. Ce que j'ai ressentis tout à l'heure est l'effet du shoot qu'il venait de se faire.
Et si je regarde ses pupilles, les remarquerais-je dilatées? Si je soulève les manches de son tee-shirt, verrais-je les marques de l'aiguille?
Si je n'avais pas été capable d'empathie, aurais-je finis par le savoir?
Au bout d'une longue minute, Kiro croise mon regard.

"Quatre mois."

Deux mots. Voilà la réponse que je lui ai demandé. Mais est-ce vraiment ce que je voulais entendre?

"Tu comptais en parler à l'un d'entre nous?
_Non."


Est-ce sa franchise ou la vérité qui blesse? Qui me blesse? Pourtant je ne montre rien, encaisse en silence. La vérité blesse mais la colère est mauvaise conseillère. Elle vous aveugle, se transforme en haine et vous incite à tuer les gens que vous aimez.
Parce que plus vous aimez et plus vous haïssez.

Mais celle que je ressens à cette minute est chargée d'incompréhension, de peur et de honte. Je la sens couler dans ses veines comme de la cire chaude. Kiro est comme un loup blessé, il a mal mais refuse de se laisser soigner.
C'est pour ça qu'il tourne les talons. Parce que c'est plus facile. Parce que c'est moins douloureux.

"Kiro!!"

Je lâche sa boîte de Pandore qui tombe à terre avec le cliquetis propre aux verres qui s'entrechoquent et franchis la courte distance qui nous séparent pour empoigner son bras. Sur le coup, la surprise l'empêche de protester et j'en profite pour emprisonner ses lèvres aux miennes. Son corps se tend mais il ne me repousse pas. Mes bras s'enroulent alors autour de sa taille tandis que ma langue cherche le contact de sa jumelle.

Ses sentiments sont troublés, confus. Pourtant, il me rend mon baiser, s'accrochant à moi comme si sa vie en dépendait. Quelques secondes plus tard, le goût salé d'une larme vient se mélanger à nos salives.
Juste avant le début d'un sanglot.
Tendant le baiser, je prend alors son visage entre mes mains et pose mon front contre le sien.

"Pourquoi bébé? Je demande d'une voix que j'espère calme. Pourquoi tu t'es envoyé cette merde pendant quatre mois sans jamais être venu nous en parler?"

Ses barrières ont cédées mais la douleur est toujours là. Mordante et vicieuse, elle s'infiltre dans chacune de mes cellules, me pourrissant autant que lui.

"Parce que.... Je.... J'avais.....Honte de..... D'aimer..... Et.... "

Kiro se raccroche à mon cou, les joues marquées de sillons transparents, cherchant un pardon que je lui ai déjà accordé.

"Je.... Je suis..... Désolé....
_Chuuuttt...... ,
je murmure en lui caressant le cheveux. Calme toi bébé, je suis là, je t'en veux pas."

Mon ange sanglote encore mais je brise notre étreinte non sans douceur.

"Ca te dirait un bon bain chaud ensembles? Je lui propose en essuyant ses larmes à l'aide de mes pouces.
_Oui, renifle-t-il, ses sanglots disparaissant peu à peu. Mais tu peux...."

Son regard louche vers la boîte renversée sur le parquet.

"M'en débarrasser?
_Oui,
affirme-t-il. S'il te plaît.
_Pas de soucis."


Je l'embrasse chastement.

"Va m'attendre dans la salle de bain, je dis en replaçant une mèche rebelle derrière son oreille. Je reviens ok?"

Kiro hoche la tête et quémande un autre baiser avant de me laisser tenir ma promesse. Comme nous logeons au rez-de-chaussée, il ne me faut pas plus de cinq minutes pour sortir balancer cette saloperie dans la grosse poubelle et revenir à l'appart, un pied maintenant sur la première marche de l'escalier quand Luminor m'appelle.
Il se lève du canapé quand je me retourne et se dirige vers moi.

"Jack est au courant, chuchote-t-il. Il m'a rappellé tout à l'heure pour nous dire qu'on a une semaine de pause avant de continuer la tournée."

Notre manager aussi a dû flipper.... Quoique c'est pas plus mal pour Kiro qui veut arrêter la drogue.

"Les autres sont au courant? Je demande, me rappellant justement qu'il m'attend en haut.
_Oui je viens juste d'y repenser, s'excuse mon ami. Euh... Kiro est toujours en haut?
_Oui, la pression est retombée et il ne se sent pas trop bien,
je répond dans un demi-mensonge. Je remonte le voir.
_Ok. Bonne nuit alors.
_Bonne nuit."


Je souris en grimpant les marches. C'est ce que j'aime le plus chez Luminor. Même si il sent que quelque chose ne va pas, il ne cherche pas à tout prix à vous tirer les vers du nez, mais respecte plutôt votre silence. D'ailleurs la plupart des gens sont cons de le juger sur son apparence plutôt que de chercher à le connaître. Ils comprendraient peut-être que c'est une personne sensible et un ami fidèle.
Ce que dans un sens, Kiro a oublié.

Arrivé devant la salle d'eau, j'ouvre la porte et pénètre à l'interieur avant de mettre le verrou. Mon androgyne est penché sur la baignoire, fermant juste l'arrivée d'eau. Je me rapproche doucement tandis qu'il se redresse et me place dos à lui, mes mains sur ses hanches.
Il ne dit rien et lève les bras pour que je lui retire sans mal son tee-shirt que je laisse glisser sur le sol sans m'en préoccuper davantage. Du bout des doigts, j'effleure ses épaules, ses bras, avance ensuite ma tête pour embrasser ses cheveux, sa peau nue. Des frissons apparaissent, le font soupirer. Je me colle à son dos laissant vagabonder mes mains sur son ventre ferme avant de les descendre vers l'élastique de son bas de pyjama.
Je tire le tissu vers le bas et termine ainsi de le dénuder.

Puis Kiro dégage ses chevilles encombrées et se retourne. Ses lèvres se posent sur les miennes, sa langue en demande plus. Et tandis que nos souffles se mêlent, ses mains parcourent mon corps, ôtant un par un les différents bouts de tissus qui le recouvrent.
Une fois fait, il rentre dans l'eau et je le suis, m'installant derrière lui, une jambe de chaque cotés.
Je pose ensuite mes mains sur ses épaules, massant les muscles crispés, caressant la peau douce. Il se détend, se laisse aller, soupire encore. Et au bout d'une éternité, quand il se sent prêt, les mots sortent tous seuls:

"C'était en boîte quand on a fêté la sortie de l'album, souffle-t-il. J'ai pris du LSD sans le savoir."

Je garde le silence sans cesser mon massage pour autant.

"Le trip que j'ai pris m'a donné envie de tâter autre chose. Comme tous les nouveaux junkies, j'ai pensé que je pouvais me contrôler et m'arrêter si je sentais que je perdais pied. Mais....
_C'était trop tard?
_Oui. La première fois, c'est déjà trop tard."


Non sans douceur, il attrape mes mains et ouvre mes bras pour venir s'y blottir.

"Plusieurs fois j'ai voulu vous en parler, me confie-t-il, entrelaçant nos doigts. Ca me faisait mal de vous mentir mais à chaque fois, j'ai pas pu. Ou pas voulu."

J'embrasse sa tempe avant de caler ma tête contre la sienne.

"Tu comptes leur dire?
_Oui. Demain. Il le faut maintenant que je veux arrêter."


Un silence puis:

"Pourquoi tu n'as pas crié tout à l'heure?"

Je ressers l'étreinte de mes bras.

"Parce qu'à part te braquer et t'enfoncer davantage, ça n'aurait servi à rien.
_Je suis désolé,
répéte-t-il dans un souffle.
_Tout le monde fait des conneries Kiro, j'affirme d'une voix douce. Et puis tu sais, le pardon est plus facile à accorder qu'à demander.
_Surtout dans mon cas,
confirme mon ange sans une note d'humour.
_Par contre, il y a une chose que tu dois me promettre.
_Quoi?
_De toujours me faire confiance."


Je l'entend déglutir.

"Je te le promet."

Un nouveau silence s'installe, sans gêne ni malaise, nous permettant simplement de savourer le fait d'être tous les deux.

"Tu as déjà été amoureux? Finit par demander Kiro.
_Oui.
_C'est comment?
_C'est bon,
je souris. La personne que tu aimes devient ton oxygène, ta raison de vivre. Tu ferais n'importe quoi pour la faire sourire, l'entendre rire, qu'elle soit bien. Avec elle, chaque baiser, chaque geste, chaque mot te font décoller. Aimer, c'est être plus fort, se dire que la terre peut s'écrouler et que ça ne changera rien pour toi."

Je marque une courte pause.

"J'ai répondu à ta question?
_Oui."


Il tourne son joli minois pour mordiller mes lèvres.

"Parce que c'est ce que je ressens pour toi."

Sa confidence me fait fondre plus que je ne l'aurai cru. Plus de peur, ni de peine, juste une immense envie de ne plus les ressentir dans se sens. Je lui rend alors son baiser avec tout l'amour et la tendresse que je peux lui donner.

"Moi aussi bébé, je souffle contre ses lèvres. Moi aussi."

# Posté le mercredi 13 août 2008 12:47

Modifié le mercredi 01 avril 2009 15:33

Chapitre cinq: Sevrage et soucis

Chapitre cinq: Sevrage et soucis
Ouvrant les yeux dans la clarté du jour qui filtre à travers les rideaux de la fenêtre de ma chambre, je souris en sentant le souffle calme de Kiro sur ma nuque. Il est blotti contre mon dos, un bras échoué en travers de ma taille. Et dire que si je n'avais pas failli partir pour de bon, on en serait encore à se chercher du regard, attiré l'un par l'autre en silence.

Et il aurait continuer de se tuer à petit feu, brûlant de dépendance pour un poison nommé drogue.
D'ailleurs, il va falloir trouver rapidement une solution médicale pour son sevrage. Rapidement dans le sens que je ne sais pas combien de temps va s'écouler avant qu'il ne soit en manque.

Retirant doucement son bras pour ne pas le réveiller, je me décale et m'extirpe du lit en bâillant. Soupirant dans son sommeil, Kiro s'allonge alors totalement dans les draps, faisant glisser la couverture qui découvre sa chute de rein.
Ne résistant pas à l'envie de goûter sa peau douce, je grimpe lentement sur le lit, me plaçant à quatre pattes au-dessus de lui et dépose un baiser sur sa colonne vertébrale, à la limite de l'élastique de son boxer. Un faible gémissement me parvient et j'esquisse un sourire. C'est vrai que c'est un point sensible. Je l'embrasse une nouvelle fois, savourant son odeur et me relève.
Mon ange dort toujours, un début de sourire aux lèvres.
Bientôt bébé...

Et sans faire de bruit, je sors de la pièce referme la porte avant de me diriger vers la cuisine où je trouve Shin attablé devant une tasse de thé fumante, pianotant sur les touches de son portable avec un sourire que je connais aux lèvres.

"Salut, me dit-il sans lever les yeux. T'avais l'air bizarre hier."

Je sors un bol et un paquet de céréales du placard et ouvre le frigo.

"Non ça va t'inquiète, je réponds en prenant le lait. Il est quelle heure?
_Dix heures passées."


Je m'installe en face de lui et me relève en me rendant compte que j'ai oublié de prendre une cuiller.

"Lumi et Yu sont levés? Je demande en me rasseyant.
_Partis de quoi remplir le frigo."

Il ne lâche toujours pas son portable et au bout d'un moment, je ne peux m'empêcher de lui tirer les vers du nez:

"Si tu me disais ce que c'est ce sourire que tu as depuis tout à l'heure?
_Quel sourire?
Fait-il en prenant sa tasse.
_Celui qui veut dire J'ai une nouvelle proie en vue et elle va finir dans mon lit avant même de s'en rendre compte.
_Moi j'ai ce sourire?
Demande-t-il en toute innocence.
_Oui Shin, je confirme, sûr de moi. Ce sourire."

Conscient du fait que je le connais comme si je l'avais fait, il ne cherche pas à nier mais décide de me faire mariner.

"Si tu sais ce qu'il veut dire pourquoi tu me le demandes?
_Parce que je veux savoir qui va avoir l'honneur de figurer à ton tableau de chasse."


Il éclate de rire avant de boire une gorgée de thé.

"Tu me confond avec Yu là! Lance-t-il amusé. De une, je suis pas vantard et de deux, je sautes pas tout ce qui bouges.
_Vraiment?
Je le taquine, tournant mes céréales l'air de rien.
_Vraiment, affirme Shin. Disons que... Je sélectionne!"

J'avale une bouchée avant de le relancer:

"Et donc? Non attends, mec ou fille?"

Terminant sa boisson tandis que je fais de même avec mes céréales, il consent à me répondre:

"Mec.
_Mignon?
_Bandant.
_De quel bord?
_Hétéro mais ça va vite changer.
_Te connaissant, j'en doute pas. Où?
_A l'hôpital."


Je marque une pause, le temps de percuter le sens de sa réponse.

"Attends là, je commence à comprendre. C'est le gars que t'as rencontré en allant chercher des cafés à Yu et Kiro?"

Il fait mine réfléchir avant de percuter le sens de ma question.

"Oui, acquiesce mon cadet en se levant pour se refaire un thé. Sa s½ur et toi êtes venus naturellement dans la discussion."

Il met ensuite sa boisson au micro-onde et règle la minuterie.

"Et tu as pensé à te le faire avant ou après avoir parlé de nous?
_Tu sais que tu me décris comme une nympho en manque?
Me lance Shin, faussement indigné, en sortant sa tasse fumante.
_Je sais."

Et je sais aussi qu'il a vraiment très envie de le revoir.

"Et tu vas me dire que ce n'est pas ce que tu es? Je continue quand il se rassoit et reprend son portable.
_Exactement. Je sélectionne."

Il me lance un sourire.

"Et je dirais même plus: Vive la bisexualité! ( Ndla: Totalement d'accord ^_^! )
_Amen!"

On éclate de rire sans vraiment savoir pourquoi et sans se soucier du reste. Après tout, ne dit-on pas que le rire est bénéfique pour la santé?

"Salut."

On tourne alors la tête vers un Kiro toujours en boxer et pas trop réveillé.

"Salut, répond Shin. Un bon café, ça va pas être du luxe on dirait!
_Oui."


Se retenant de rire de son ancéphalo rectale prononcée, il se lève pour sortir une tasse et lui préparer de quoi le faire émerger tandis que mon ange s'assoie sur mes genoux, blottissant son joli minois dans mon cou.

"Bonjour toi, je souffle en caressant son dos. Bien dormi?
_Oui."


Ça c'est Kiro le matin. Incapable d'aligner deux mots avant d'être totalement opérationnel. Ce qui parfois peut prendre du temps.

"Tiens, fait Shin en plaçant une tasse fumante devant lui. Bois ça.
_Merci."


Au moment ou il referme la main dessus, la porte d'entrée s'ouvre pour laisser entrer Luminor et Yu, les bras chargés de paquets. Shin se lève pour les aider quand ils arrivent à la cuisine et je pousse doucement mon bassiste pour en faire autant. Celui-ci ne bronche pas, le nez dans son mug, semblant apprécier le goût stimulant de la caféine. Parmi les courses, des pâtes, du riz, des pizzas, du lait, des jus de fruits, des yaourts, j'en passe et des meilleurs....
C'est vrai qu'avec cinq morfales comme nous, il faut prévoir.

"Tiens Kiro attrape! Dit Yu en lui lançant une petite boite noire qu'il rattrape en sursautant. Ça va te réveiller!"

Fronçant les sourcils, il l'examine et s'étonne:

"Melon? Ça existe ce parfum?
_Ben faut croire vu que c'est marqué!
Rit le brun. De toute façon il y avait que ça."

Ayant une idée de ce qu'ils parlent, je rejoins Kiro et regarde par-dessus son épaule avant d'éclater de rire.

"T'en avais marre d'en distribuer à tout le monde? Je lui demande, regardant à mon tour les cinq parfums proposés.
_Un peu ouais, affirme-t-il. À force j'allais finir par être en manque!
_De capotes ou de sexe?
Le taquine Shin.
_Les deux à cause de vous."

Il se sert à son tour une tasse de café, une fois la bouffe et les sacs rangés.

"Après c'est moi l'obsédé!
_Et encore t'as pas essayé les mecs,
continue le plus jeune, un sourire aux lèvres.
_Non et ça me va très bien.
_Euh... Les gars?
S'enquit doucement Kiro, la tête baissée. J'ai quelque chose à vous dire."

Sentant alors le sérieux de la discussion qui va suivre, ils s'installent en silence autour de la table. Voulant rassurer mon ange, je passe un bras autour de sa taille et fait de même en l'incitant à revenir sur mes genoux. Luminor qui jusque là, n'a pas ouvert la bouche, m'interroge du regard. J'hoche discrètement la tête, comprenant sa question muette.

"Je... J'ai décidé d'arrêter la drogue, lâche Kiro dans un souffle, les yeux rivés sur la table. Hier."

Personne ne dit rien, la surprise écrasant tout le reste. La suite est un mélange confus d'émotions contradictoires. Notamment colère et soulagement qui surplombent le silence installé mais je sens leurs origines.
Comme moi la veille, nos amis s'en veulent de n'avoir rien vu et sont également rassurés de la décision du concerné.

"Ça fait longtemps? Demande Lumi d'une voix douce.
_Depuis la sortie de l'album.
_Kiro,
appelle Yu. Tu peux nous regarder tu sais?"

Timidement, il s'exécute.

"Vous m'en voulez pas? S'enquit-il, étonné du ton employé.
_On t'en veux surtout d'avoir attendu quatre mois pour nous l'avouer, intervient Shin sans brusquerie. Mais franchement, ça servirait à quoi de t'engueuler?"

Il ne dit rien mais esquisse un vrai sourire.

"Je dois le dire à Jack vous croyez?
_Il nous a laissé une semaine de vacances,
je réponds en replaçant ses cheveux dans son dos. Si ça suffit pour te sevrer, je crois pas que ça soit nécessaire."

Le reste du groupe acquiesce en silence avant que Yu ne précise un point important:

"Par contre, il va bien falloir le mettre au courant pour vous deux.
_Ouais,
intervient l'aîné. Mais là c'est le sevrage de Kiro qui passe en premier. D'ailleurs Jan, le frère d'Alex est médecin, je peux l'appeler et lui demander de t'arranger un rendez-vous avec lui pour cet après-midi si tu veux?
_Ouais,
réponds mon ange. Bien-sûr. Merci Lumi.
_Y'a pas de quoi."

Il sort aussitôt son portable de la poche de son jean noir et s'apprête à appeler son chéri quand il lance un regard qui en dit long à Kiro.

"Par contre je te préviens p'tit frère, commence-t-il. Non seulement tu vas arriver à arrêter cette saloperie et on va tous t'aider, mais tu n'as pas intérêt à y replonger."

Saisissant le ton employé - calme mais autoritaire - celui-ci hoche lentement la tête.

"Promis."

[...]

Le lendemain matin...

Allongé sur le dos, Kiro s'étire dans son demi-sommeil avant d'ouvrir doucement les yeux.

"Ça fait longtemps que tu me regarde dormir? Sourit-il quand il remarque mon regard posé sur lui.
_Quelques minutes, je répond en posant une main sur ses abdos fins. T'es mignon quand tu dors.
_Seulement quand je dors?
_Non."


J'avance la tête et goûte ses lèvres douces dont je ne peux plus me passer.

"Tout le temps." Je souffle contre celles-ci avant de faire glisser ma langue contre la sienne.

Ses bras s'enroulent autour de mon cou, m'incitant alors à venir contre lui. J'y répond sans attendre et colle mon corps au sien tandis qu'on se perd dans un tourbillon de plénitude totale. Ma perception de l'amour n'a pas changée et surtout pas avec Kiro.Il est devenu mon oxygène. Je ne me lasserai jamais de sa peau, son rire, son odeur, de lui tout simplement.

Mordillant ses lèvres, je passe un bras dans son dos pour le faire basculer sur moi quand je prend conscience trop tard du fait de me trouver juste au bord du lit. Pris dans notre élan et la gravité aidant, on s'écroule malgré nous sur le parquet nu avec un bruit sourd.
Toujours enlacés et les muscles endoloris par notre chute, on se regarde une seconde avant d'éclater de rire.

"Mais qu'est-ce que vous avez à rire comme des baleines?"

Cette question vient de Shin qui se tient dans l'encadrement de la porte, un sourcil levé.

"Ben on est tombé! Parvient à articuler Kiro en faisant mine de se relever.
_Ouais j'ai entendu, confirme le plus jeune, essayant de comprendre. Et c'est pour ça que vous étiez tordus de rire?
_Oui."


Le blond fronce les sourcils avant de secouer la tête en soupirant presque pour lui-même:

"Pourquoi je cherche à comprendre?"

Puis:

"Si ça vous intéresse, j'ai fais des crêpes pour le petit déj'."

À ces mots, le morfale qu'est Kiro ne se le fait pas dire deux fois et sort de la pièce, direction la cuisine. Shin secoue une nouvelle fois la tête mais esquisse un sourire.

"Et après c'est moi le plus jeune...."

[...]

"Merde! Lâche Kiro en se baissant pour ramasser les morceaux d'assiette qu'il vient juste de faire tomber.
_Non Kiro, commence le cadet en essayant de le rattraper dans sa lancée. Tu vas te...
_Aïe!!
_Couper."


Il jure de nouveau en portant son doigt entaillé à sa bouche tandis que ses beaux yeux bleus se remplissent de larmes. Peu de temps avant qu'on ne commence à manger, j'ai sentis qu'il essayait de nous cacher quelque chose. D'ailleurs les autres n'ont pas été longs à comprendre eux aussi tant ses mains tremblantes n'ont pas cessé de lui faire défaut durant le déjeuner. Et c'est en débarrassant la table, que l'assiette maintenant en miettes à ses pieds lui a échappée.

"Je suis désolé, murmure-t-il en baissant les yeux sur les morceaux.
_Y'a pas mort d'homme, le rassure alors Shin en passant une main dans son dos. C'était qu'une assiette."

Il le pousse gentiment hors de la cuisine.

"Va désinfecter ça, on s'en occupe."

Mon androgyne s'exécute, se rendant directement dans la salle de bain du rez-de-chaussée - quand vous cohabitez à cinq, il vaut mieux deux salles d'eau - tandis qu'on termine de remplir le lave-vaisselle et ramasser les débris.

"Jan nous avez prévenus, commence Lumi en s'adossant à l'évier. Les premiers jours de traitement seraient plus difficiles.
_Au point d'avoir une crise de manque?
S'enquit Yu en regardant la porte close de la salle de bain.
_Disons plutôt une crise de manque sans douleur, répond l'aîné. Il faut que son organisme s'habitue à autre chose que la merde qu'il a prit jusque là."

Mon androgyne revient à cette minute, ses larmes séchées mais une mine confuse sur son joli minois.

"Désolé de vous embêter avec ça, souffle-t-il. J'espère que ça va vite passer."

Je m'approche de lui et passe un bras autour de sa taille.

"T'en fais pas pour ça bébé, on est là ok?"

Kiro hoche doucement la tête et esquisse un sourire de remerciement avant de se blottir contre moi.

"Au fait, lance Yu. Si on sortait? Un ciné ça nous changerait les idées non?"

On échange tous un regard sauf mon bassiste qui réplique:

"Je veux pas gâcher votre après-midi!"

Puis s'adressant à l'aîné:

"Et tu devais pas voir Alex?
_Non pas aujourd'hui.
_Mais...
_Kiro?
Appelle Shin en se rapprochant de nous. On le fait parce qu'on en a envie et parce que tu penseras à autre chose ok?
_Ok,
consent l'intéressé. Merci.
_Pas de quoi."


Et sans crier gare, le batteur passe sa main dans ses cheveux pour les ébouriffer tout en sachant que ça l'énerve.

"Dégaaaaagge! Rit Kiro en faisant mine de le repousser.
_J'te préfère comme ça! Affirme le blond avec un sourire de vainqueur. Bon on y va?"

[...]

Assis au fond de la salle entre Kiro et Yu, je ferme les yeux, priant pour qu'ils ne remarquent pas mon corps parcouru de tremblements. De tous les moments mal choisis, il a fallut que cette putain d'empathie décide de déconner maintenant, me faisant absorber comme une éponge les émotions diverses et variées des personnes qui nous entourent.
Autrement dit, les trois quarts de la salle.

Et ressentir tout ça en trop peu de temps me donne l'impression d'avoir une centaine de voix qui parleraient en même temps dans ma tête. Je ne sais pas pourquoi je ne contrôle plus rien et encore moins pourquoi c'est venu sans prévenir mais une chose est sûre: si je ne sors pas tout de suite de cette pièce, je vais devenir dingue.

"Excuse moi Yu." Je parviens à articuler en me levant sans tomber.

Celui-ci se lève à son tour pour me laisser passer et retourne au film. Sans attendre que mes jambes me lâchent, je fonce hors de la salle et me dirige directement aux toilettes. J'ai besoin d'un endroit calme et pas trop éloigné pour souffler ne serait-ce qu'une minute. Et c'est quand je rentre dans une cabine et me laisse tomber à terre que des larmes roulent sur mes joues blanches, me rappelant le chaos qui règne dans mon crâne. Repliant mes genoux contre mon torse, j'y cache mon visage et murmure pour moi-même:

"Qu'est-ce qu'il m'arrive?"

# Posté le mercredi 20 août 2008 14:17

Modifié le jeudi 26 mars 2009 15:33